
Chaque mois, l’ANI présente le travail photographique d’un auteur proposé par les membres de l’association.
Pour le mois de mai, nous vous proposons de découvrir le travail de Sébastien Van Malleghem sur la Police belge.
Police !
Quelle réalité se donne-t-elle à voir depuis le siège arrière d’une voiture de police, lorsqu’on n’est ni suspect, ni policier soi-même ?
Depuis deux ans, Sébastien Van Malleghem pose cette question, inlassablement, dans le sillage des inspecteurs de la police Belge.
D’une réalité de terrain, parfois sordide, percevoir le quotidien d’hommes et de femmes qui veillent, jour et nuit, à la sécurité de leurs concitoyens : discerner la part d’humanité jusque dans les confrontations; débusquer l’insolite au coeur de la routine : capter la vibration d’un travail qui semblerait à première vue dénué d’émotion…
En effet, portant en faux de bien tenaces préjugés, les inspecteurs de police endossent fréquemment un rôle social, humanisant ainsi auprès de citoyens en difficulté – parfois en détresse – une autorité statale qu’ils incarnent avec un sens de la conciliation, voire de la diplomatie, trop souvent occulté par les médias.
Car le travail effectué par la police belge est indéniablement efficace, en dépit d’un drastique manque de moyens. Pour seul exemple, la couverture nocturne de la zone Bruxelles Ouest (regroupant à elle seule les communes de Molenbeek-Saint-Jean, Koekelberg, Jette, Ganshoren et Berchem-Sainte-Agathe) ne dispose en tout et pour tout que de 8 équipes, soit un effectif dérisoire de 16 policiers pour 182.000 habitants. Lorsque les nuits s’échauffent au point de mobiliser tous les policiers de la zone, la seule solution consiste à appeler en renfort les policiers des zones avoisinantes, contraints dans l’urgence à laisser alors leur propre périmètre sans couverture policière.
Toutefois, une réelle réponse au manque d’effectifs policiers – et pour autant qu’elle soit enfin apportée – ne pourra à elle seule juguler l’insécurité urbaine; la saturation des institutions pénitenciaires ne permettant pas d’assurer la cohérence entre l’intervention du policier et la sentence du magistrat. Le manque de place dont souffrent les prisons belges fait dès lors force de loi, se substituant à celle-ci, pour réduire le temps d’incarcération des condamnations dites « légères » – lorsqu’il ne contraint pas à la relaxe pure et simple.
Pourtant, bien qu’ils soient plus que quiconque conscients des paradoxes qui rendent leur investissement parfois bien dérisoire, sinon amer, des policiers veillent sur les villes endormies avec, peut-être encore, l’espoir du soutien efficient de l’Etat.
Quel sera votre sommeil lorsque cet espoir se sera éteint ?
Sébastien Van Malleghem
Le site internet : http://www.sebastienvanmalleghem.eu/











