
Chaque mois, l’ANI présente le travail photographique d’un auteur proposé par les membres de l’association.
Pour le mois de février, nous vous proposons de découvrir le reportage de Thomas Louapre « Loin des Yeux », sur la situation des enfants handicapés mentaux en Russie.
En février 2010, un journaliste russe publiait un article sur les personnes handicapées mentales intitulé «les tuer pour qu’ils ne souffrent pas». Il avançait l’idée de pouvoir pratiquer l’euthanasie sur ces nouveaux-nés qu’il qualifie d’«inachevés», de «défectueux», «sans valeur».
Cet écrit, qui aurait pu être qu’un pamphlet isolé, a cependant recueilli l’approbation d’une partie non négligeable de l’opinion publique, qui s’y retrouvait dans cette vision de la personne handicapée mentale.
Aujourd’hui, malgré de réelles améliorations matérielles des internats d’état et une baisse du nombre d’abandons de ces enfants, la situation des internats reste préoccupante et continue de violer par biens des aspects la convention des droits de l’enfant. De plus, si dans la loi actuelle, il n’existe plus d’enfants «inéducable», cette éducation relève encore trop souvent d’un véritable parcours du combattant, auquel l’état se montre peu sensible.
Pendant 80 ans, le régime soviétique a en effet toujours été soucieux de donner à voir une société forte, harmonieuse et productive et n’a donc jamais souhaité la visibilité de ces humains « imparfaits », de ces « monstres ». Les familles ont longtemps été forcées d’abandonner ces enfants pour les confier à l’état, censé être mieux placé pour s’en occuper. Loin du regard de la société, des centaines de milliers d’enfants ont donc été placés dans des internats, qui se sont avérés être de véritables mouroirs. Et la société russe toute entière d’intégrer l’idée qu’aucune vie digne de ce nom n’était possible pour ces enfants.
Heureusement, de belles lueurs d’espoir pointent dans cet épais brouillard : en particulier la volonté de tous ces parents qui ont décidé de garder leur enfant, de croire en lui et de se battre pour lui offrir le meilleur avenir possible.
Gwenaëlle Boulet
Biographie
Peu après des études de sciences humaines et sociales et un diplôme de journalisme, Thomas Louapre se tourne vers la photographie pour se consacrer au reportage. Autodidacte, sa formation s’est faite au contact des professionnels et au cours de différents stages dans des rédactions et agences photo. Il part alors au Canada pour découvrir l’univers de la mode, du portrait et du design d’intérieur. Photographe indépendant associé au collectif Babel, il se consacre avec bonheur au reportage presse et corporate, au portrait ainsi qu’à ses projets personnels.











