Un autre regard, avec Divergence Images

Début 2021, nous avons accepté avec enthousiasme l’invitation de Divergence-images de publier chaque mois sur ses réseaux, une carte blanche de l’ANI : un post illustré d’images trouvées dans leurs sujets photographiques. Cette proposition est une belle opportunité pour tous les passeurs d’images que sont les membres de l’Ani.

Juillet 2021 : Selma Ahmed-Chaouch voir les images sur FB. Selma Ahmed-Chaouch, responsable iconothèque au Musée de La Poste. Doctorante en histoire et histoire de la photographie, elle prépare une thèse sur la représentation de la modernité postale à travers les archives photographiques du Musée de La Poste au cours de la seconde moitié du XXème siècle.
Photo Jean-Michel Turpin / Divergence-Images

“Une carte blanche à la Arcimboldo. De la terre, des légumes, des herbes et des hommes. Des hommes, des femmes, des enfants, la terre et des photographies. Entre ville et campagne, j’ai souhaité mettre en avant dans cette sélection photographique « le potager dans tous ses états ». De la graine au légume. De la semence à la cueillette. De la petite fille à la mamie. Photogénique n’est-ce pas ? La photographie est le témoin de cette communion entre l’humain et la nature à la campagne comme à la ville. Elle permet de capter des gestes ancestraux, des portraits, une lumière et la trace du travail humain. Le pouvoir de l’image fixe est de révéler le commun, l’ordinaire par un cadre, une prise de lumière et de vue grâce à la sensibilité d’un auteur. Cette nature se découvre avec délice au travers des différents regards de ces photographes.

Juin 2021 : Corine Hamelvoir les images sur FB. Corine Hamel, iconographe multimédia, qui travaille pour la presse, la communication, l’édition et les institutions culturelles, nous présente sa sélection.

Photo Myr Muratet / Divergence-Images

“La proposition de l’ANI et de Divergence est pour moi l’autorisation donnée à un enfant de déambuler dans une confiserie pour y piocher ce qui lui fait envie. Ici tout est fait maison, par des auteurs-photographes passionnés et amoureux de leur métier. Quelle sensation de liberté ! Et quel plaisir de découvrir les réponses visuelles apportées par les photographes à l’appel d’un mot clef. “AVOIR 20 ANS”, « RÊVER » ou encore “JEUNESSE” pour “Avoir 20 ans au temps du Covid”. Question d’époque. Je tente “MARS 2011”, “NOTRE HISTOIRE”, “2004”, “MARS” : la création de l’agence en 2004, son histoire, et Mars 2020, Covid toujours, Paris-Nord, 2ème semaine du confinement… Les gares vidées de leur agitation, la sidération de ces lieux désertés. Je creuse encore un peu le thème. La gare lieu de passage, symbole de départ en vacances, de retrouvailles sur le quai… Un lieu où des vies se jouent. Je tiens mon sujet : LA GARE DU NORD ! La gare des banlieues Nord, de la Seine-Saint-Denis, de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, de l’Eurostar avant le Brexit, de l’ouverture vers l’Europe, des grèves des cheminots, des petits boulots, de la précarité et du désespoir. La gare transformée en galerie marchande et tombée de son piédestal, miroir de notre société, de ses espoirs et de ses déceptions. Cerise sur le gâteau, je découvre le travail de Myr Muratet. Quasiment 20 ans de vie photographique consacrée au peuple ferroviaire et un livre : “Paris Nord”, paru en 2020 chez Building Books. Félicitations Myr Muratet pour votre travail !”

Mai 2021 : Elisabeth Sourdillatvoir les images sur FB. Elisabeth Sourdillat, iconographe iconoclaste, cherche et commande des images pour la presse et l’édition. Militante du droit des auteurs, elle suit l’actualité du droit de la création et des publications. Comme elle est partageuse, elle enseigne ces matières en filière métiers du livre à l’Université.

Photo Jean-Michel Sicot / Divergence-Images

« Des hommes qui lisent. Je suis en train de faire une recherche pour une couverture de roman. Lire le texte, établir une liste des thèmes qui constituent mes ‘pistes’. Puis partir à l’affut de l’image qui provoquera le désir du lecteur, le désir de se saisir de ce bouquin là. Dans ma liste il y a ‘la lecture’ puis, plus précisément, un homme qui lit. Mission de l’iconographe : regarder partout où se trouve de la photo, fouiller dans les recoins pour sortir l’image qui va bien. Ce travail m’amène à regarder des milliers de clichés sur chaque thème. Je pars à la chasse. Chez Divergence, je diverge, je dérive, je me fais une sélection à part, je m’amuse, m’affranchis des contraintes du client. Joie de la cueillette : dans mon panier garni, une variété de possibilités de traiter le sujet. 5 couleurs et 5 NB, celle qui convoque les grand frères Doisneau, Duane Michals, la peinture de la Renaissance, celle qui ferait une super pochette de disque, la photo réaliste ou documentaire… Hum. Il reste tout de même 33 images dans le fichier ‘non choix’. »

Avril 2021 : Julie Gourvèsvoir les images sur FB. Julie Gourvès est documentaliste iconographe, membre de l’ANI. D’abord documentaliste audiovisuel pendant 10 ans, elle a créé cette année i©onos pour proposer ses services en freelance.

Photo Frederic Grimaud / Divergence-Images

“Pour ma carte blanche en tant qu’iconographe, j’ai sélectionné uniquement des portraits. Portrait politique, de famille, artistique, en studio… Le portrait qui met en scène un métier, une vocation ou une passion, celui qui dénonce aussi. Suffit-il d’appuyer sur le déclencheur pour dire que c’est un bon portrait ? La photographie de portrait est un véritable art qui permet de saisir un moment privilégié, de refléter la personnalité du modèle, ou de figer un instant de complicité. C’est le résultat d’une relation de confiance entre le sujet et le photographe. Lieu, pose, lumière, décor… Les possibilités créatives et imaginatives sont infinies. Mais quoiqu’il en soit, c’est le regard qui confère au portrait toute sa force. Alors, oui, pour moi, un portrait est tout sauf une simple représentation physique d’une personne.”