Au service de l'image

L’ANI réunit les professionnels qui travaillent autour de l’image fixe. Son but est de fédérer des professionnels autour de la pratique de leur métier (les iconographes, appelés également rédacteurs ou éditeurs photo, documentalistes, etc.) tout en suivant les mutations du secteur et l’évolution de la profession.

 

A l’issue du Festival International du Photojournalisme « Visa pour l’image – Perpignan » 2012, l’ANI a réuni au bar Floréal un jury composé de 6 professionnels pour désigner les 3 lauréats parmi ses « coups de cœur ».

Le jury était composé de :
-          Bruno BOUDJELAL (Photographe)
-          Didier BROUSSE (Galerie Camera Obscura)
-          Jean-Jacques FARRE (Directeur artistique)
-          Thomas DOUBLIEZ (Consultant photo)
-          Lidwine KERVELA (Courrier International)
-          Dominique Viger (Agence photo VII)

Nos trois lauréats sont :

Paolo MARCHETTI pour « The noble fire of ancient slaves »

Reportage au cœur de la Cité Soleil de Port-au-Prince, en Haïti, en 2011.  

© Paolo MARCHETTI
http://www.paolomarchetti.org/

 

Miikka PIRINEN pour «Stagnant life of Ari »

Ari Tervonen a une maladie mentale. Miikka Pirinen a suivi son quotidien…

© Miikka PIRINEN
http://www.miikkapirinen.com/

 

Maijia TAMMI pour « Dwarfdom »

Maijia Tammi s’est intéressée à la vie de  Sofiya, Clinton, Risa, Jahmani, tous atteints de nanisme.

© Maijia Tammi
http://www.maijatammi.com/

 

L’un des trois lauréats recevra le PRIX ANI-PIXPALACE 2012 doté de 5 000 €, lors du Festival International du Photojournalisme « Visa pour l’image – Perpignan » 2013. Leur travail sera exposé à la galerie du bar Floréal à l’automne 2013, pour la 10ème édition des Visas de l’ANI.

 

Retrouvez nos lauréats sur le blog du magazine Photo

Nos partenaires pour cet évènement : Canon / Photo

 

Cher visiteur,

Claudia Zels par Andrew Kovalev

Claudia Zels par Andrew Kovalev

En janvier 2013, l’association a voté pour son nouveau bureau, l’équipe est partiellement renouvelée, augmentée, et j’ai eu la surprise d’en être la nouvelle présidente. Aline Manoukian restera parmi nous mais souhaitait alléger sa charge. Vous trouverez la nouvelle composition du bureau dans la rubrique Contacts. Notre vocation reste la même : défendre notre métier, le mettre en valeur et le faire connaître.

 

Le marché de l’image et les technologies le concernant ont beaucoup changé ces quinze dernières années : passage au numérique, logiciels pour retravailler et éditer des photos, nouveaux modes de transfert et d’archivage, arrivée des amateurs et des agences low-cost sur le marché,  applis,  travail pour plusieurs supports simultanément : print, web, tablette…

 

Malheureusement, notre profession est néanmoins confrontée à des problèmes existentiels, tels que la mutualisation des métiers (des graphistes qui font le travail des iconographes, des journalistes qui font le travail des photographes ou des vidéastes, et dans l’édition des éditeurs qui font les recherches d’images, etc.), mais aussi à la réduction de nos postes de travail, et la baisse des budgets photos. Le résultat de ces tendances est l’appauvrissement des supports et la précarité des emplois. C’est assez paradoxal, car il y a toujours un besoin croissant d’images, donc aussi des yeux qui trouvent, trient et choisissent, avec des compétences telles que la connaissance des fonds, des sources, le droit à l’image, négociations de tarifs, organisation de prise(s) de vue…

 

Dans cette situation difficile, il me paraît d’autant plus important de s’engager pour le maintien d’une intelligence et d’une qualité de l’image, de s’organiser, de se fédérer dans des plateformes d’organisations professionnelles, de nous faire voir et entendre, tout en se tenant informé en tant que professionnel de l’image et d’échanger en continu sur notre travail au quotidien.

 

L’ANI a toujours l’ambition de représenter et de mettre en valeur notre métier d’iconographe. Si vous êtes arrivé sur notre site, c’est certainement parce que vous vous intéressez à ce métier, à la photographie, au marché de l’image. Soyez bienvenu! Vous pouvez nous rejoindre en adhérant si vous êtes iconographe, afin de pouvoir profiter de notre liste de diffusion interne avec ses échanges autour de l’image, des recommandations de photographes et sources photographiques, des offres d’emploi et le suivi de nos activités. Et pourquoi ne pas s’engager dans une de nos commissions, telles que celle qui noue nos partenariats avec les festivals photo, celle qui organise notre exposition annuelle, celle qui s’occupe de notre site web, ou celle qui met en place un grand sondage sur notre métier? Si vous ne souhaitez pas vous inscrire tout de suite, vous pouvez toujours nous rejoindre sur notre groupe Facebook « Association nationale des iconographes » pour resté informé de nos activités – ce groupe est ouvert à tout sympathisant.

 

Toutefois, n’hésitez pas à revenir vers notre équipe pour toute question supplémentaire.

À bientôt!

Très cordialement,

Claudia Zels - Présidente de l’ANI

Avril 2013

 

 

L’assemblée générale annuelle de l’Association Nationale des Iconographes s’est tenue le 30 janvier 2013 ; un nouveau bureau a été élu pour diriger l’association :

Présidente: Claudia Zels – Vice-présidente: Laetitia Guillemin

Secrétaire: Audrey Diguet – Secrétaire adjointe: Isabelle Latapie

Trésorière: Anne Mansuis – Trésorière adjointe: Béatrice Téraube

Le bureau gère l’association avec le CA (conseil d’administration).

 

Photo Yan Morvan

Aline Manoukian, présidente de l’ANI (Association Nationale des Iconographes) est intervenue sur le thème :  « les nouvelles règles iconographiques dans la presse » française lors du colloque « Révolution numérique : droit et solution pour la photographie » organisé par la PAJ, une association de photographes, d’auteurs et de journalistes.

« J’ai été photographe de presse pendant une quinzaines d’années et je suis iconographe indépendante depuis plus de dix ans . Dans de nombreuses rédactions françaises mes collègues journalistes m’expliquent que faute de diminuer le budget photo, ils se retrouveront tous au chômage.

Les photographies, autrefois choisies par les directeurs des services photo qui ne sont pas remplacés après les plans sociaux ou départ à la retraite, sont maintenant choisies par les directeurs artistiques, les rédacteurs et les maquettistes, souvent sans réelle culture photojournalistique. Toujours faute de budget, les iconographes sont mal rémunérés, en sous-effectif, acceptant de travailler dans ces conditions déplorables eux aussi sous peine de chômage.

Que faisons nous, iconographes, face à une telle réalité ?

Nous travaillons trop vite, donc nous travaillons mal. Nous cherchons du gratuit ou du bas prix malgré nous. Certains d’entre nous volent des images et collent des DR à tout va. De plus en plus souvent certains périodiques aussi bien pour la jeunesse que des magazines économiques, sortent avec 40% de photos gratuites, extraites du net ou transmises par des services de presse. Si nous ne le faisons pas, les maquettistes ou les rédacteurs s’en chargeront. Ils iront eux même trouver les images au hasard sur le net. Nous les mettons en garde contre d’éventuels procès qui leur coûteront plus cher que les photos. La réponse, « on prends le risque, il faut avancer. »

Nous fouillons aussi dans les bases de données des agences avec qui nous avons du préalablement négocier des tarifs. Pour des raison de survie,de plus en plus de ces agences sont réunies en bouquets : les services photos ont accès pratiquement au même corpus d’images et finissent par publier les mêmes photos.
Cette démarche non sélective et non qualitative a un résultat évident auprès des lecteurs: pourquoi acheter des journaux ou des magazines qui disent tous la même chose au même moment alors que le même contenu se trouve gratuitement sur internet ? C’est ce que pensent la majorité des lecteurs et des internautes. A tort ou à raison ?

Illustrations de tremblement de terre à Haiti ou au Japon, guerre en Irak, enfant prodige en Ukraine. Tous les terrains de guerre se ressemblent, tous les faits divers, les instants de vie ont des trames communes. Mais à quoi ressemble le Japon aujourd’hui ? Que sont devenus les Irakiens depuis le retrait des troupes américaines ? Il manque la narration qui les rend singuliers, il manque les histoires que les photographes racontent en suivant un sujet parfois pendant de longs mois, voire des années.

Pour les rares commandes aux photographes , c’est peu de temps, peu de frais, peu de rémunération. De temps en temps la presse acquiert des reportages réalisés en spéculation par de jeunes photographes sous payés, sous prétexte de visibilité en échange.

Même les photographes renommés doivent trouver en dehors de la presse les moyens de financer leurs projets. Ils acceptent de vivre en mode survie, sans débordement et sans confort, nourris essentiellement par la passion de témoigner et de raconter. Ils font presque du bénévolat.

Leur travail n’est plus visible dans la presse, il se réfugie dans les galeries, les festivals et quelques revues professionnelles.

A cause de cette recherche effrénée de photos gratuites sur les réseaux numériques, c’est non seulement la qualité photojournalistique mais aussi la crédibilité de la presse qui est soumise à caution. L’internet grouille de hoax, de fausses informations. Pendant la catastrophe de l’ouragan Sandy, quelqu’un ( en l’occurrence un journaliste) m’a parlé de requins dans les rues de New York. Il en était intimement convaincu car il avait vu l’image sur internet. Je donne cet exemple car il est récent. J’en ai des dizaines d’autres. On ne sait plus ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Les journaux les plus prestigieux font appel aux amateurs pour publier leurs images. Il existe même aujourd’hui une agence qui ne diffuse que de l’image amateur, Citizenside dont l’AFP diffuse la production.

Bien évidemment, les citoyens ont le droit de témoigner et de s ‘exprimer par l’image, et les supports pour diffuser leurs témoignages ne manquent pas. Ils peuvent les partager sur Facebook, des blogs, des sites, des forums, des tweets, Flickr, Instagram ou autres, mais ce qui est regrettable c’est que la presse utilise ces productions comme source d’information, sans garantie de fiabilité.

La « récupe » de photos comme l’on dit dans le métier, a toujours existé, le problème n’est pas là : le crash du Concorde, l’attaque sur la première tour du World Trade Center, et plus récemment, la Syrie quand les photographes n’y avaient pas encore accès. Mais de là à demander aux citoyens de devenir des journalistes, il y a une grande différence, pas seulement de crédibilité, mais de mise en danger des personnes poussées à prendre des risques.

Sait-on au moins combien de photojournalistes citoyens ont été blesses ou tués le téléphone portable à la main ?

En France, pour les sites internet que tous les titres de presse ont créé ces dernières années, les postes de directeurs photo et d’iconographes sont pratiquement inexistants. Des débutants « nés devant un ordinateur » sont embauchés. Car en plus de l’humain et de l’animal, une nouvelle espèce à fait son apparition : le Geek. Mais le temps qu’on arrive à combiner l’expérience et la culture photographique des anciens à l’agilité des Geeks, il va sûrement falloir attendre une décennie.

L’an dernier, deux grands magazines ont publié sur leurs sites des images de Bin Laden mort avant de les retirer. Personne n’avait pris le temps de vérifier la source de cette photo? La crédibilité de la presse est en jeu.

Cette attitude de plus en plus désinvolte vis à vis de la photographie couplée au manque de moyens, a aussi des incidences nocives pour le patrimoine photographique que constituent nos archives argentiques anciennes et récentes. Elles sont souvent numérisées en Inde ou ici par des stagiaires, sans formation ni culture. Les dates, lieux, identifications de personnes, sont approximatifs : Jean Jaurès identifié comme Léon Blum, la mort de Khomeini datée de 98 !

La soif d’information fiable du public est sous estimée par la presse.

Quand dans une rédaction photo j’entends « on prend le risque on avance » je repense au slogan qui ornait au Liban les rétroviseurs des chauffeurs de taxi.
« Papa ne te précipite pas, on t’attend » en d’autres termes, « ne roule pas trop vite, prends ton temps pour réfléchir, regarde où tu vas, sinon tu risques d’aller droit dans le mur et on ne te verra plus jamais ».

Aline Manoukian

 

 

Dans le cadre de l’exposition des VISAS DE L’ANI 2012 à la galerie du Bar Floréal, l’Association Nationale des Iconographes propose aux photographes professionnels des lectures de portfolios gracieuses  les 20 et le 21 octobre 2012 entre 15 et 18h.

Inscription à 14h30 à la galerie du Bar Floral, 43 Rue des Couronnes, 75020 Paris.

 

Du 5 au 26 octobre 2012, L’association Nationale des Iconographes présente au Bar Floréal à Paris les trois photographes sélectionnés parmi les  » Coups de coeur de l’ANI  » retenus lors des lectures de portfolio au festival international du photojournalisme Visa pour l’Image 2011 à Perpignan.

Parmi les 3 lauréats, l’un d’entre eux a reçu le prix ANI-Pix Palace 2012  lors de la soirée de projection du mercredi 5 septembre au Campo Santo

Les lauréats

Misha Friedman : Les ravages de la tuberculose en Afghanistan, Ukraine et Russie/ Prix ANI-Pix Palace 2012 doté de 5000 euros.

Colin Delfosse : Polygones – vastes zones militaires au Kazakhstan où l’armée soviétique testait et améliorait son armement.

JM Lopez : Les enfants de la famine au Guatemala

 

Vernissage le 04 octobre 2012 à la galerie du Bar Floréal:

à partir de 19h

43, rue des couronnes, 75020 Paris

Métro Couronnes / Bus 96

 

Télécharger l’invitation

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